Manger de la soupe, cela fait grandir. Voilà un adage qui ne fera que rire jaune cette humaine à la petite taille et de constitution fragile. Dans ce monde où immenses et musculeux combattants se déplacent dans leurs armures aussi lourdes que rutilantes, cette éphémère ne dépassant pas le mètre cinquante cinq semble motivée par une haine et un profond dégoût pour ces êtres qui la bousculent et la malmènent sans y prêter attention.
Une peau ambrée, un regard bleu azuré tremblotant d'une lueur méprisante ainsi que de long cheveux noir de jais raides et bien coiffés sont les caractéristiques de cette jeune femme discrète physiquement.
Des ornements noirs transpercent sa peau sur plusieurs parties de son visage à la mine hargneuse et souvent exaspérée.
Propre et correctement habillée, elle se tient bien et fait bonne impression, on suppose qu'elle est originaire d'une famille aisée mais sa discrétion sur son identité ne permet pas de l'affirmer.
Frustrée et tourmentée par les moqueries à son égard, Claemara, étudiante des arcanes se détourna de la voie qui lui était destinée pour se pencher sur la puissance du néant distordu et leurs plus grand utilisateurs: les démons. La lecture assidue des nombreux ouvrages sur les différentes invasions de la Légion Ardente ne l'effrayèrent pas, bien au contraire, une certaine fascination naquit petit à petit dans le coeur blessé de la fragile apprentie. Isolée par peur d'être moquée, elle ne fut jamais sociable, la solitude ne lui pesait pas mais sans repères ni attaches sentimentales pas même avec sa famille les avertissements explicites des livres ne la frappèrent pas.
Dans l'obscurité de sa cave, l'arcaniste s'initia en autodidacte aux arts gangrénés, ayant pour but d'asservir un démon immense et imposant qui pourrait lui offrir réconfort et protection dans ce monde si injuste. Les sensations procurées par ce flux de magie intense et euphorisante dépassa rapidement le stade de la curiosité, à tel point que lors d'une de ses rares sorties sur le monde extérieur elle se fit remarquer.
Par chance, l'être qui mit la main sur elle pour l'avertir du danger qu'elle encourait en dégageant une énergie si controversée fut un expert en démonologie, l'invitant à rejoindre les enseignements secrets dans les sous sol d'une taverne peu fréquentée.
Ne portant pas dans son coeur la communauté du monde extérieur, la haine et le dégoût pour la démonologie ainsi que le danger qu'elle inspirait aux regards de la grande majorité conforta Claemara dans son courant de pensées haineux et rancunier...
Son premier familier, un diablotin typique répondant au nom de Tarrot trouva une place particulière en tant que serviteur de la démoniste en herbe, sa langue pendue et sa personnalité offrait à la jeune humaine une compagnie qui lui manquait, ainsi ce démon mineur aujourd'hui encore jouit d'une certaine liberté de ton et de parole irritante pour ceux qui seront contraint de le supporter.
Consciencieuse et ambitieuse elle poursuivit de son coté ses expérimentations et ses découvertes flirtant avec les limites corruptrices, défiant sa volonté et les avertissements de ses enseignants... Restant maitresse de ses actes, elle embrassa tout de même la folie des grandeurs et se lança dans un projet dément, celui d'invoquer un Man'ari Eredar pour le convaincre ou l'asservir afin de lui tirer des enseignements poussés sur cet art qu'elle épousa définitivement.
L'impossibilité d'une telle invocation, la poussa à chercher dans l'entropie une solution qui la fit basculer dans la démente criminalité... Sans remords pour « les autres » qui l'ont tant maltraité, elle se servit des corps des filles de joie ou de vagabonds du Goldshire qui ne manquèrent à personne pour nourrir ses projets et expériences cruelles jouant avec les fragments d'âmes tourmentées et l'énergie vitale de ses captifs.
Agissant dans le plus grand secret et avec parfaite discrétion elle poursuivit son apprentissage classique au sein des démonistes cachés dans les sous sols hurleventiens tout en se penchant sur son funeste projet.
La rencontre avec une tenancière de cabaret plutôt étrange lui fit découvrir un sentiment profond, celui de l'amitié, une gilnéenne exilée qui portait la malédiction avec dignité. Ce lien fort qui unissait Claemara à cette femme apaisa quelque peu le comportement extrême de l'ambitieuse démoniste. Malgré une amélioration sur le comportement sociale de Claemara elle resta solitaire, fermée et agressive à l'encontre d'autruis.
C'est le jour de l'invitation de Charline, la gilnéene et seule amie de Claemara, proposant une expédition en une Gilnéas dévastée que le rêve obscur de la fragile humaine se réalisa.
La rencontre de deux draeneï au comportement différents des exilés suscita sa curiosité, découvrant ainsi Lemna, l'ancienne arcaniste, l'arrogant puits de connaissances et Vixiane, Porte guerre Man'ari, brute gangrénée pleine de vices et corruptrice.
Laissant son amie gilnéenne dans le chagrin de la perte de ses proches et ses repères sur sa terre natale, Claemara suivit les deux êtres dans une ambiance de contes de fées gangrenés... Fascinée et admirative devant la man'ari, elle se lia très rapidement au porteguerre... Lui offrant aveuglement sa pureté et son insouciance pour suivre ses enseignements précis et avancer dans l'utilisation de la magie du néant distordu... L'étincelle Infernale Claemara s'épanouit, s'offrant au service d'Ered Noctis avec conviction et enthousiasme, jouissant de la relation qu'elle entretient avec la Man'ari et évoluant dans un environnement qui semble être celui dont elle a toujours rêvé.